Le poids de la fonte

npiLa demande chinoise de nickel et d’acier inoxydable demeure robuste avec une croissance de son produit intérieur brut de 7,7% l’année dernière et une prévision de 7,5% cette année. Et si l’on prend pour exemple l’évolution de l’économie sud-coréenne, la croissance chinoise devrait continuer à tirer la demande de nickel par le haut pour les années à venir. Du côté de l’offre, l’arrêt des exportations du minerai indonésien transformé par les fondeurs chinois devrait être compensé par l’offre en provenance de nouveaux grands projets industriels tels que Vale Nouvelle-Calédonie, l’usine du Nord, Ramu en Papouasie Nouvelle-Guinée, Barro Alto et Onca Puma au Brésil, soit une capacité nominale de 250 000 tonnes. Mais rappelons que la production mondiale de nickel, représentant 1,92 million de tonnes en 2013, était constituée de plus de 25% de fonte de nickel, rejoignant puis dépassant celle du ferronickel. Premier producteur de minerai en 2013, l’Indonésie aura consacré l’essentiel de sa production à la Chine pour la fabrication de cette fonte de nickel. De 2009 à 2013, la demande chinoise a en effet augmenté de 18% par an et les volumes de nickel traité sous forme de fonte de nickel sont passés de 112 000 tonnes à 480 000 tonnes. Autre adaptation de l’industrie chinoise produisant la fonte de nickel, la réduction de ses coûts opératoires avec le recours aux fours électriques tournants, beaucoup plus performants et moins polluants que les hauts-fourneaux. Alors qu’en 2010 il n’y avait pas de fonte de nickel produit en Chine à partir de fours électriques, trois ans plus tard cette production atteignait 260 000 tonnes. Aussi le poids du nickel dans la fonte, qui devrait dépasser cette année les 500 000 tonnes, peut difficilement exister sans une reprise des exportations vers la Chine. Autrement dit, soit les fondeurs chinois s’approvisionnent aux Philippines en minerai oxydé, ce qui aura pour conséquence de maintenir les prix actuels (autour de 15 000$ la tonne, soit 6,85$ la livre), soit ils investissent en Indonésie dans de nouvelles unités de production, ce qui prendra un certain temps et fera monter les prix, soit enfin le nouveau gouvernement indonésien en poste mi 2014 se verra contraint de trouver une solution pour combler son déficit de la balance commerciale et cédera alors aux différents recours et pressions contre l’arrêt des exportations.