L’oeil de Moscou

rusal_usineA cause des répercussions économiques et sociales prévisibles sur l’économie locale et l’emploi, le gouvernement indonésien se devait en tout début d’année d’adoucir l’entrée en vigueur de la loi de 2009 sur l’arrêt total des exportations de minerai brut. Même en l’état actuel de la législation qui est venue atténuer les mesures préconisées, la banque mondiale continue à mettre en garde l’Indonésie sur l’impact à court et moyen termes de l’arrêt des exportations. Pourtant, les sociétés minières s’engageant à investir furent autorisées à continuer à exporter des concentrés et la plupart des minerais bruts jusqu’en 2017. Le gouvernement indonésien a considérablement assoupli l’arrêt des exportations de minerai, sauf pour la bauxite et le nickel. Pour ce qui est de ces deux métaux, non seulement ils ne constituaient pas une source de revenu important pour Djakarta (4% des ressources minérales exportées proviennent du nickel), mais le leader mondial d’aluminium United Company RusAl (premier consommateur de bauxite) ainsi que le leader mondial MMC Norisk Nickel pour le nickel, auraient promis aux autorités indonésiennes d’investir localement, seulement si l’arrêt des exportations sur ces deux minerais était ferme et définitif. Le mois dernier, une importante délégation Russe est venue à Djakarta pour signer un protocole d’accord portant sur la construction d’une usine de production d’aluminium de 3 millions $. Reste à savoir si MMC Norilsk Nickel fera de même ? Bien que leader mondial avec une production de 285 000 tonnes de nickel en 2013, l’activité de Norilsk était en baisse de 5% due notamment à la diminution des teneurs dans les mattes de nickel en Russie (Polar et Kola), mais aussi dans les autres unités de production minière dans le Botswana (Tati Nickel), en Australie (Lake Johnston mine) et dans sa raffinerie finlandaise d’Harjavalta. Hasard du calendrier ! Le parlement cubain vient tout juste de voter une loi incitant les investissements étrangers, en dépit de l’embargo économique que Washington impose au pays depuis un demi-siècle.