Point sur l’arrêt des exportations

indonesia_smelting_plantL’année dernière, la Chine produisait et consommait près de la moitié de la production mondiale de nickel métal – et pour ce faire, importait 41 millions de tonnes de minerai de nickel en provenance d’Indonésie, alors premier producteur de minerai. L’entrée en vigueur du « ban » le 12 janvier dernier, impacte donc principalement la Chine et les fondeurs chinois produisant essentiellement de la fonte de nickel à partir d’un minerai pauvre d’une teneur de 1,8%. Environ 85% de cette production de fonte de nickel dépendait en effet du minerai indonésien et les stocks chinois en provenance d’Indonésie devraient être écoulés avant la fin de l’année. Aussi, bien que les Philippines aient essayé de prendre le relais et que certains analystes prévoient un « soft landing » de la croissance économique chinoise, l’anticipation du déficit de matière première a fait monter le cours du nickel de 40%, lequel se situe aujourd’hui à 18 750$ la tonne, soit 8,5$ la livre avec un stock au London Metal Exchange de 284 000 tonnes de nickel métal. L’arrêt des exportations impacte également l’Indonésie car environ 15 000 emplois directs sur mines auraient été perdus dans la seule province de Sulawesi qui recèle près de 75% de la ressource en nickel du pays. Par ailleurs, l’arrêt des exportations contribue à faire apparaitre un déficit de la balance commerciale de 2 milliards $ au mois d’avril. Pour autant, cet arrêt des exportations de minerai est destiné à favoriser les investissements industriels donc la valeur ajoutée produite en Indonésie. PT Antam (Aneka Tambang), l’un des deux fondeurs indonésiens au côté de PT Vale Indonesia, enregistre une augmentation de 46% de ses ventes de ferronickel au cours du premier trimestre. L’augmentation de cette production locale couplée à celle qui sera issue de la capacité de production à venir, avec la construction dans le province de Sulawesi d’une première unité de fonte de nickel de 300 000 tonnes de métal par an par le chinois Tsingshan, devrait permettre à l’Indonésie d’atténuer le manque à gagner de l’exportation de minerai brut, notamment si les cours continuent à augmenter. Deux autres unités permettant de doubler la production de métal sont à l’étude. L’équilibre pour Djakarta réside donc dans la capacité qu’auront ces nouvelles unités à obtenir les licences nécessaires et à respecter les délais de construction pour une mise en route et une augmentation rapide de la production locale.