Rééquilibrage du marché

pt_vale_indonesieLa montée en puissance de la production indonésienne de nickel métal pourrait fort bien être moins rapide que ce qui est annoncé par le gouvernement indonésien. Ceci est dû aux difficultés rencontrées pour obtenir les autorisations et construire les nouvelles infrastructures, notamment les centrales d’énergie. Ces difficultés auront pour conséquence d’accroitre le déficit de l’offre en nickel prévu durant la période 2015-2018 et donc, mécaniquement, influeront sur les cours. Cette tendance haussière conforterait toutefois l’Indonésie dans ses choix de voir la production de fonte de nickel chinoise délocalisée chez elle. Pourquoi ? Et bien parce qu’en 2013 le pays, premier producteur de minerai de nickel, avait exporté 64 millions de tonnes de minerai et 100 000 tonnes de nickel métal. Les économistes de la Citi Bank prévoient pour 2017 un cours du nickel supérieur ou égal à 26 000 $ la tonne et estiment qu’en doublant, le cours du nickel (qui était de 13 400 $ la tonne lors de l’entrée en vigueur de l’interdiction) devrait permettre à l’Indonésie de récupérer le différentiel de valeur ajoutée entre les exportations de minerai brut et de métal – tout en conservant le minerai. Ceci est bien la preuve que seule la valeur ajoutée industrielle permet de valoriser et optimiser la ressource. Cette délocalisation des forces productives chinoises vers l’Indonésie, couplée à l’incapacité des Philippines de fournir le minerai nécessaire, amplifie la tendance haussière et fait le bonheur d’Eramet qui voit le cours du nickel dépasser son coût complet. Lors de ses résultats du 1er trimestre, Eramet indiquait que « la mise en œuvre en Indonésie depuis janvier 2014 de l’interdiction d’exporter du minerai non transformé localement crée les conditions d’un rééquilibrage progressif du marché ».