Réponse à Alban Tremblier

smspLe conseiller de la présidente de la province Sud se dit surpris « qu’un industriel indépendantiste de la province Nord », en l’occurrence le président de la SMSP, puisse répondre à la question qui lui est posée par un journaliste, à savoir le montage du projet de la province Sud. Cette réaction est plutôt surprenante quand on veut bien se rappeler que la SLN ne s’est jamais privée pour donner son avis sur le montage de l’usine du Nord ou sur celui de l’usine de Gwangyang, et que le comité stratégique industriel avait pour ambition de créer un espace de dialogue afin d’élaborer une stratégie à l’échelle du pays. Contrairement à ce qu’affirme Alban Tremblier dans son droit de réponse sur NC1, le montage du projet de Prony et Pernod n’a pas été présenté lors de la déclaration d’intention du 5 novembre 2012. Il n’y a eu ni concertation, ni mise en concurrence, ni contre-expertise, et il a fallu attendre la toute dernière séance plénière de l’actuelle mandature pour en connaitre les grandes lignes. S’agissant du potentiel latéritique et de la nécessité de faire des travaux de recherche, Alban Tremblier semble oublier qu’il n’y a pas péril en la demeure et que les gisements sont connus et répertoriés depuis de nombreuses années au niveau international puisqu’ils constituent la base minière du projet Penamax dans les années 70. A l’époque ces gisements étaient évalués à 280 millions de tonnes, soit plus de 4 millions de tonnes de métal. Depuis, la mise en exploitation de Goro a pu révéler d’autres ressources, notamment sous les horizons latéritiques, ce qui porterait la ressource valorisable à plus de 6 millions de tonnes de métal contenu. Si au terme des quatre ans de recherche la province Sud prenait la décision de lancer le projet industriel, la contrepartie annoncée serait de 130 milliards de francs, ce qui est six fois et demi inférieur aux 835 milliards prévus pour la collectivité publique dans le cadre de l’usine du Nord. Alban Tremblier parle d’une participation majoritaire de 51% qui serait sécurisée au prix d’un « niveau d’endettement phénoménal » et ce afin de tenter de justifier les 10% que la province Sud détiendrait dans le capital de la future société d’exploitation. Or la province Nord a démontré qu’il est tout à fait possible de sécuriser les finances publiques en détenant 51% du capital de la co-entreprise titulaire des titres miniers et en charge de l’exploitation. La province Nord n’a pas pris de risques financiers puisque c’est Glencore qui garantit sur ses fonds propres l’intégralité du plan de financement et c’est Koniambo Nickel qui assurera le service de la dette sur les 25 prochaines années. Tout est perfectible, mais comme dit l’expert Didier Julienne, le projet mené par la province Sud aurait demandé « plus de philosophie économique libéralement oxygénée, plus d’architecture capitalistique équilibrée, plus de mise en œuvre technique experte et plus de communication industrielle chevronnée. C’est à dire, plus de vision commune ».