Réponse à la province Sud

adangDans un communiqué paru dans Les Nouvelles-Calédoniennes, l’exécutif de la province Sud a demandé à la SMSP de comparer ce qui est comparable. Or il se trouve justement que la projection faisant ressortir 813 milliards de francs de retombées économiques pour le territoire dans le cadre de l’usine du Nord, concerne les 25 premières années d’activité et non 50 ans comme dans le projet qui sera développé par la province Sud. Les 160 milliards de francs de retombées qui devraient être perçues par la collectivité ne concernent en effet que les 25 premières années et sont imputés du service de la dette étalée sur cette même période. De la 26 ième à la 50 ième année, les retombées qui devraient être perçues sont estimés à 675 milliards de francs, soit un total de 835 milliards de francs comparés aux 130 milliards annoncés dans le cadre de l’exploitation des gisements du Grand Sud sur la même période, si ce projet voit le jour. Pour ce qui est des autres retombées, elles ne peuvent être comparées que si les multinationales Vale et Eramet, disposant déjà de 61% de la surface minière concédée du territoire au travers de leurs filiales (et n’ayant donc pas de problème de ressources), construisent une usine fiable et compétitive sur les gisements de Prony West et Pernod Creek, comme l’a fait la SMSP et son partenaire dans le Nord. Or, selon les indications de la province Sud, il n’y aura pas de quatrième usine puisque cette ressource de classe mondiale, évaluée aujourd’hui à quelques 6 millions de tonnes de nickel métal contenu dans des horizons latéritiques (recouvrant un volume important de garniérites inexploitables par l’hydrométallurgie), sera uniquement destinée à alimenter les deux unités existantes. Il y a donc lieu de comparer deux voies de valorisation distinctes, d’une part la valeur ajoutée industrielle générée à partir de la production de métal dans le Nord et d’autre part, le produit de la vente de minerai brut dans le Sud, à moins que ce soit une stratégie pour geler la ressource et empêcher un concurrent calédonien de s’installer. Comme l’a démontré la SMSP, il est parfaitement possible de détenir 51% du capital d’une co-entreprise minière et métallurgique sans prendre de risques sur le plan financier. Or, c’est sans aucune concertation, ni mise en concurrence, que la province Sud a proposé en urgence, au cours de la dernière séance de la mandature, une participation ultra minoritaire de 10% dans une future structure d’exploitation dont l’objet sera d’alimenter les usines de Goro Nickel et Doniambo.