Résultat S1 2015 des grands groupes

s1_2015La chute des cours des matières premières, alimentée par le ralentissement de l’économie chinoise, met à rude épreuve les comptes des géants du secteur.

L’anglo-australien BHP Billiton a annoncé une baisse de 86,2% de son bénéfice annuel. Son concurrent Rio Tinto publiait un résultat semestriel en baisse de 82%.

Le géant suisse de l’extraction et du négoce Glencore a même plongé dans le rouge au 1er semestre, avec une perte nette de 676 millions de dollars. Début septembre, alors que son titre ne cessait de chuter (- 59,2% depuis le début de l’année), le géant des matières premières basé en Suisse a annoncé toute une série de mesures, dont une levée de fonds de 2,5 milliards de dollars et des économies, comme la suspension du dividende, des cessions, et des arrêts de mines, le tout en vue de générer 7,7 milliards de dollars d’économies d’ici fin 2016. En effet, quoi qu’en baisse d’un milliard sur un an, la dette nette du groupe atteignait fin juin 29,55 milliards de dollars. Mais l’excédent brut d’exploitation (EBITDA) semestriel ayant chuté de près de 29% à 4,6 milliards, le ratio dette nette / EBITDA se rapproche de trois fois, seuil à partir duquel il est généralement admis que l’endettement d’une entreprise devient difficile à maîtriser.

Le groupe métallurgiste français Eramet qui a accusé une perte de 83 millions d’euros au premier semestre 2015, vient d’enregistrer la plus forte chute de son action en bourse de 17% de baisse en cinq jours, fortement pénalisé par l’opinion négative de Bank of America Merryl-Lynch. La situation toujours alarmante des cours du nickel et du manganèse, dont Eramet est l’un des grands producteurs mondiaux, explique en partie la forte dévalorisation de l’un des derniers fleurons de l’industrie minière et métallurgique française. Eramet subit l’annonce de sa sortie de l’indice SBF 120 par Euronext, à compter du 21 septembre prochain. Et pourtant, les usines tournent. Malgré sa très haute qualité de ses produits, notamment le SLN 25, l’alliage de nickel et de fer produit par l’usine calédonienne, ce ferronickel subit directement les conséquences de l’effondrement des cours du métal pur, coté à la bourse des métaux de Londres (LME). Les énormes stocks du LME pénalisent l’ensemble des métaux à base de nickel. Toujours selon Bank of America-ML, dans une note reprise par le quotidien Les Echos, le groupe devra dépenser 114 millions d’euros de cash en 2016 et notamment pour soutenir sa production en Nouvelle-Calédonie.

Malgré la crise, Vale tire bien son épingle du jeu. Le groupe a en effet réalisé un bénéfice net de 1,68 milliards de dollars américains au second trimestre 2015 grâce à la production de minerai de fer. La branche nickel du groupe, elle, se porte beaucoup moins bien. Au premier semestre 2015, la production de Vale NC a totalisé 13 400 tonnes de nickel et 1 000 de cobalt. Malgré une amélioration de l’EBITDA au deuxième trimestre, les pertes opérationnelles se sont élevées à 180 millions de dollars de janvier à juin qui s’expliquent par des coûts de production bien supérieurs aux prix du marché.

Jinchuan a annoncé les résultats consolidés des bénéfices non vérifiés pour les six mois terminés le 30 Juin 2015. La société a déclaré des revenus de 255 771 000 $ comparés à 321 527 000 $ à la même période un an plutôt. La baisse des revenus provient de l’exploitation minière notamment d’une baisse de volume de cuivre de 11,5% compensée par une augmentation du volume de cobalt de 30,7% par rapport à 2014.

POSCO a quant à lui enregistré au 1er semestre 2015, un bénéfice d’exploitation de 607,5 milliards de wons, soit environ 482,82 millions d’euros, avec une hausse de 7,5% en glissement annuel, tandis que son chiffre d’affaires a connu une diminution de 11,4% sur un an pour tomber à 6.575,5 milliards de wons.

Le ralentissement de la demande chinoise en nickel impacte directement les géants du secteur. Sur un an, les grandes multinationales minières ont perdu près de 50 % de leur valeur. Glencore, Vale, BHP-Billiton, Anglo-American, Eramet affrontent une conjoncture toujours plus difficile, une crise qui se prolonge et un marché saturé de matières premières, notamment de nickel et de cuivre.