Sécurité des finances publiques dans un montage 51/49

cynthia_ligeardPour justifier un remake de ce qui s’est passé en 1991 au travers d’un accord secret ayant fait l’objet d’aucune concertation ni de contre-expertise, et ainsi tenter de contourner en urgence le principe selon lequel le territoire doit maitriser sa ressource et contrôler les outils industriels qui les valorisent, la présidente de la province Sud, Cynthia Ligeard, a indiqué dans les médias que la province Nord, à travers sa filiale, est devenue un opérateur industriel. Pour tenter de justifier une prise de participation de seulement 10% de la province Sud dans la future société exploitant les gisements de Prony et Pernod, cette dernière affirme que l’on « peut considérer que la province Nord, à travers sa filiale, est endettée quasiment à hauteur de 300 milliards de francs ». Suite à l’invitation faite par Rock Wamytan et selon le montage financier présenté en détail le 16 décembre dernier au Congrès de la Nouvelle-Calédonie par la direction générale de la SMSP, il a pourtant bien été précisé à l’attention des élus que la multinationale Glencore Xstrata garantissait l’intégralité du plan de financement de l’usine du Nord. Autrement dit, les risques financiers sont entièrement à sa charge, bien qu’elle ne puisse nantir ses 49% pour obtenir et apporter ses propres garanties dans le montage financier, donc mettre en péril sa filiale et son actif minier qu’est le Koniambo. Ce qui veut aussi dire que la SMSP, sa maison-mère ou la province Nord, ne doivent absolument rien à Glencore Xstrata qui a contracté les emprunts et apporté les garanties financières. Les mises de fonds de la multinationale, comme celles de la SMSP, devront être remboursées par Koniambo Nickel via le service de la dette. L’étalement de son remboursement sur 25 ans doit permettre à Koniambo Nickel de dégager des profits dès que l’usine aura atteint sa capacité nominale et ainsi être en mesure de distribuer des dividendes dès les premières années selon la clé de répartition 51/49. Il est donc tout à fait possible de sécuriser les finances publiques tout en détenant une participation majoritaire dans les co-entreprises controlant la ressource minière et l’outil industriel.